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Accès direct en kinésithérapie

  1. Qu’est ce que c’est ?

L’accès direct est une organisation de soins offrant la possibilité aux patients de se référer eux-mêmes à un kinésithérapeute sans avoir à consulter d’abord un autre professionnel de santé, ou sans qu’un autre professionnel ne leur ordonne de se référer au kinésithérapeute[1] . Mis en place dans de nombreux pays depuis plusieurs dizaines d’années, l’accès direct a permis d’accélérer la prise en charge des patients, notamment en musculosquelettique, réduisant le temps de prise en charge, le recours aux examens radiologiques complémentaires et à la médication, ou encore la durée d’arrêt de travail.

Cette organisation innovante des soins permet donc à la fois de simplifier et d’accélérer le parcours des patients, de valoriser les compétences des kinésithérapeutes, et de diminuer le coût d’un épisode de soin pour la collectivité. Le tout sans risque accru pour le patient, mais avec une satisfaction accrue.[2]

  1. Historique

Une première étape vers l’accès direct en France a été le décret du 27 juin 2000 autorisant les kinésithérapeutes à intervenir sans prescription médicale en cas d’urgence et en l’absence d’un médecin. Cette mesure a montré les premiers bénéfices de l’accès direct dans des situations urgentes.

Ce n’est que 23 ans plus tard, avec « Loi Rist » du 19 mai 2023 portant amélioration de l’accès aux soins par la confiance aux professionnels de santé, que l’accès direct est étendu et mieux cadré. Cette loi cadre les conditions d’exercice en accès direct possible immédiatement pour certains kinésithérapeutes, et qu’une expérimentation soit mise en place pour 5 ans dans un certain nombre de départements afin d’étendre l’accès direct aux kinésithérapeutes exerçant en Communauté Professionnelle Territoriale de Santé (CPTS). Le décret du 27 juin 2024 vient préciser les modalités de cette expérimentation, avec l’obligation d’exercer dans l’un des départements désignés et d’être impliqué dans une CPTS du même département.

Et c’est finalement l’arrêté du 6 juin 2025 qui a lancé l’expérimentation d’accès direct en CPTS avec la désignation officielle des 20 départements expérimentateurs, dont la Vendée pour les Pays de la Loire.

  1. Quels kinésithérapeutes ?

L’accès direct est possible pour tous les kinésithérapeutes exerçant au sein de l’une de ces structures :

  • Maison de Santé Pluridisciplinaire (MSP)
  • Centre de santé
  • Equipe de Soins Primaires (ESP) ou Spécialisés (ESS)
  • Les Centres hospitaliers régionnaux universitaires
  • Les Centres hospitaliers
  • Les EPHAD
  • Les Centres hospitaliers spécialisés en psychiatrie
  • Les Hôpitaux d’instruction des armées
  • Les établissements de santé, hôpital public ou privé
  • Les cliniques
  • Les Centres de lutte contre le cancer
  • Les établissements privés d’intérêt collectif
  • Les établissements ou services sociaux ou médico-sociaux.

Dans ce cadre, vous pouvez exercer en accès direct depuis 2023 sans démarche supplémentaire.

  • L’accès direct est également possible pour les kinésithérapeutes exerçant en CPTS mais uniquement ceux installés dans l’un des départements pilotes, et adhérents d’une CPTS de ce département. Dans ce cas de figure , il faut se déclarer auprès de l’Agence Régionale de Santé (ARS) via un formulaire à cette adresse : https://www.demarches-simplifiees.fr/commencer/acces-direct-en-cptshttps://www.demarches-simplifiees.fr/commencer/acces-direct-en-cpts
  • Un justificatif d’adhésion à la CPTS est demandé. Sur ce même site, les kinésithérapeutes participants sont invités à déclarer le nombre de patients réorientées après une prise en charge en accès direct, et les éventuels événement indésirables survenus lors de ces prises en charge.
  • La liste des kinésithérapeutes participants à l’expérimentation est publiée et mise à jour régulièrement sur le site internet de l’ARS et transmise aux organismes de sécurité sociale concernés. Cette expérimentation est prévue pour une durée de 5 ans, et il est possible de déclarer sa participation jusqu’à six mois avant son terme soit au plus tard le 31 décembre 2019.

Aucune formation complémentaire n’est obligatoire pour exercer en accès direct, toutefois il peut être pertinent d’effectuer une ou des formations au raisonnement clinique et au triage des patients. Ces formations peuvent être générales ou plus spécifiques à certaines pathologies.

L’URPS Kinés Pays de la Loire a établi une liste non exhaustive d’organismes de formation proposant ce type d’enseignements sur la région ou en e-learning : https://www.urps-mk-paysdelaloire.fr/wp-content/uploads/2025/10/Liste-formation-acces-direct.pdf

Dans le cadre du déploiement de l’accès direct, l’URPS Kinés Pays de la Loire, en partenariat avec TOHA, met gratuitement à votre disposition un kit « Accès direct », conçu pour vous faire gagner du temps et sécuriser vos prises en charges.

Dans ce kit, vous trouverez :

  • 1 an de licence gratuite au logiciel TOHA, pour suivre facilement vos patients en accès direct, avec un outil pensé par et pour les kinés ;
  • Une trame d’ordonnance à enregistrer et à utiliser lors de vos actes en accès direct ;
  • Des supports pédagogiques pour vos patients, à afficher et distribuer dans votre cabinet.

Vous pouvez en quelques clics demandez votre kit via ce formulaire : Kit gratuit accès direct

Grâce à cet outil, l’URPS Kinés Pays de la Loire pourra obtenir des données statistiques sur les prises en charges en accès direct afin de démontrer leur intérêt et contribuer à leur généralisation. Plus les kinésithérapeutes exerçant en accès direct rejoindront la communauté TOHA, meilleures seront les données obtenues.

  1. Pour quels patients ?

Il est possible de recevoir n’importe quel patient en accès direct, quelle que soit son âge ou sa pathologie. Il appartient au professionnel de réorienter son patient à l’issu de sa consultation si sa situation ne retourne pas de la kinésithérapie ou si un ou plusieurs drapeaux rouges (signaux d’urgence) apparaissent.

La prise en charge en accès direct est limitée à 8 séances, en l’absence de diagnostic médical préalable, et pour un un épisode de soin (3 mois maximum). Si le patient nécessite une poursuite des soins après ces 8 séances, il est donc nécessaire de le réadresser vers son médecin traitant.

Dans le cas contraire, il n’y a pas de limite de séances mais le kinésithérapeutes doit s’appuyer sur les recommandations de l’HAS et les référentiels professionnels afin de déterminer le nombre de séances et éventuellement réorienter le patient à un certain délai.

Exemples de justificatifs de diagnostic médical :

  • Justificatif du motif de l’ALD
  • Compte-rendu opératoire, d’hospitalisation ou médical
  • Informations transmises par le médecin traitant ou coordinateur
  • Prescription antérieure
  • Eléments du dossier usager informatisé en établissement, service social ou médicosocial

Ces justificatifs ne sont pas à télétransmettre, mais à fournir en cas de contrôle.

Pour chaque prise en charge en accès direct, le bilan initial et un compte-rendu de la prise en charge doivent systématiquement être adressés au patient et à son médecin traitant. Le Dossier Médical Partagé (DMP) du patient doit également être alimenté.

  1. Facturation et rémunération

Afin de facturer une prise en charge en accès direct, le kinésithérapeute doit renseigner son propre numéro professionnel (ADELI) dans la case « prescripteur » et il n’y a pas de pièce justificative (prescription) à joindre via SCOR.

La cotation des séances effectuées en accès direct se fait de la même façon que pour une prise en charge sur prescription médicale. Il n’existe à l’heure actuelle pas de cotation spécifique, ni d’indemnités complémentaire. La prise en charge de ces séances par l’assurance maladie et les mutuelles s’effectue également de la même façon, respectivement à 60% et 40% du montant des honoraires.

[1] Demont A, Quentin J, Bourmaud A. Impact des modèles de soins intégrant l’accès direct à la kinésithérapie dans un contexte de soins primaires ou d’urgence pour les patients présentant une affection musculosquelettique : revue de la littérature. Rev Epidemiol Sante Publique 2020;68(5):306-13.

[2] Gallotti, M.; Campagnola, B.; Cocchieri, A.; Mourad, F.; Heick, J.D.; Maselli, F. Effectiveness and Consequences of Direct Access in Physiotherapy: A Systematic Review. J. Clin. Med. 2023, 12, 5832