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Sport-Santé : promouvoir l’activité physique adaptée

Le sport-santé désigne l’ensemble des activités physiques et sportives pratiquées dans un objectif de santé et de bien-être, quelle que soit la condition physique ou l’âge.

Face à l’augmentation de la sédentarité et des maladies chroniques, les autorités sanitaires ont déployé une politique publique ambitieuse, la Stratégie nationale Sport-Santé 2019-2024, bientôt suivie par le plan 2025-2030. Cette stratégie s’articule autour de quatre axes majeurs :

  • La promotion de l’activité physique pour tous
  • Le développement de l’activité physique adaptée (APA) à visée thérapeutique
  • La protection de la santé des pratiquants
  • L’enrichissement des connaissances scientifiques

L’ensemble des professionnels de santé, dont les masseurs kinésithérapeutes, médecins, infirmiers et pharmaciens, occupe une place centrale dans la prescription, l’accompagnement et l’éducation à l’activité physique adaptée à tous les âges de la vie.

Enjeux de santé publiques et axes nationaux

La sédentarité est identifiée par l’OMS comme un facteur de risque majeur de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’obésité, de certains cancers et de troubles musculosquelettiques. Il est recommandé de pratiquer au moins 150 minutes d’activité modérée ou 75 minutes soutenue par semaine. Or, plus de la moitié des adultes en France ne respecte pas ces seuils. La stratégie Sport-Santé vise à :

  • Promouvoir la santé et le bien-être par l’activité physique à tous les stades de la vie et pour tous les publics, y compris les enfants, les seniors et les personnes en situation de handicap ;
  • Développer l’offre d’activité physique adaptée thérapeutique, notamment via la prescription médicale et le parcours « sport sur ordonnance » ;
  • Renforcer la protection de la santé des pratiquants, notamment par la prévention des blessures et du dopage ;
  • Diffuser les connaissances sur les bienfaits de l’exercice, notamment par la recherche et la formation des professionnels.

Parmi les mesures phares : la généralisation du dispositif « Maisons Sport-Santé » sur le territoire, la création de parcours adaptés pour les publics à risque, et l’intégration de l’activité physique dans les politiques éducatives et professionnelles.

Dispositifs de prescription et accompagnement

La loi de 2016 puis son élargissement en 2022 permettent à tout médecin de prescrire de l’activité physique adaptée aux personnes atteintes de maladies chroniques ou à risque, prescription que d’autres professionnels de santé peuvent prolonger et coordonner. La prescription précise les modalités : type, fréquence, intensité, objectifs thérapeutiques.

Les professionnels intervenant dans ce parcours, en particulier au sein des Maisons Sport-Santé (plus de 500 structures labellisées fin 2025), procèdent à une évaluation initiale, définissent un programme personnalisé, accompagnent la progression et ajustent les objectifs en collaboration avec le patient et son entourage.
L’interprofessionnalité est essentielle : médecins, kinésithérapeutes, éducateurs sportifs santé, psychologues, diététiciens et acteurs sociaux concourent à une prise en charge globale, adaptée aux différentes pathologies et contextes.

Développer l’APA et renforcer la synergie

Le déploiement effectif de l’activité physique adaptée repose sur plusieurs leviers :

  • Formation continue des professionnels de santé et du sport, en lien avec les sociétés savantes et les universités (DU Sport-Santé…) ;
  • Partenariats avec les associations, les collectivités locales (création d’espaces sportifs accessibles, organisation d’événements), et intégration de l’activité physique dans le parcours éducatif et socioprofessionnel ;
  • Utilisation croissante des outils numériques pour le suivi, la motivation et l’évaluation de l’activité ;
  • Recherche et partage des données d’efficacité, notamment pour faciliter l’intégration de l’APA dans le financement de la prévention par Assurance maladie et complémentaires santé.

Une attention particulière doit être portée à l’accessibilité sociale et financière des dispositifs (séances gratuites ou subventionnées, expérimentations de prise en charge), ainsi qu’à l’adaptation culturelle et au soutien à la pratique pour les publics éloignés ou fragiles.

Conclusion

Le sport-santé constitue un levier essentiel de prévention des maladies chroniques et de promotion de la qualité de vie. La mobilisation des professionnels de santé, la structuration de parcours coordonnés et l’engagement des acteurs territoriaux offrent de nouvelles perspectives pour faire de l’activité physique adaptée un « médicament » accessible à chacun, tout au long de sa vie.