Préhabilitation : optimiser la condition préopératoire
La préhabilitation est une approche globale et multidisciplinaire visant à optimiser l’état de santé du patient avant une intervention chirurgicale majeure. En combinant préparation physique, nutritionnelle et psychologique, elle prépare le patient à mieux supporter le stress opératoire et à accélérer sa récupération. Cette démarche, prolongement des programmes de récupération améliorée après chirurgie (RAAC), constitue un axe d’intervention émergent pour les kinésithérapeutes.
Fondements scientifiques et composantes
La qualité de l’état fonctionnel en préopératoire est un facteur majeur influençant la récupération. La préhabilitation cible trois piliers essentiels :
- La préparation physique, via des programmes d’exercices personnalisés alliant endurance (marche, vélo), renforcement musculaire et exercices respiratoires ;
- La préparation nutritionnelle, visant à corriger déficits et optimiser l’apport protéique et énergétique ;
- La préparation psychologique, comprenant la gestion du stress, l’éducation thérapeutique et l’accompagnement motivationnel.
Ces actions synergiques améliorent la tolérance à l’anesthésie, réduisent les complications postopératoires et renforcent la résilience du patient.
Mise en œuvre pratique et rôle des kinésithérapeutes
La préhabilitation se déploie sur plusieurs semaines, débutant par une évaluation pluridisciplinaire (chirurgien, anesthésiste, kinésithérapeute, diététicien, psychologue). Le kinésithérapeute pilote le volet physique, adaptant les exercices à la condition du patient, assurant la progression et la bonne exécution des mouvements, en milieu libéral ou hospitalier, parfois complété par des séances en balnéothérapie ou en salle dédiée. L’usage de la télésurveillance optimise le suivi et l’adhésion.
Perspectives et intégration dans le parcours de soins
La préhabilitation favorise une collaboration ville-hôpital renforcée et nécessite une formation spécifique des kinésithérapeutes à l’évaluation fonctionnelle et au suivi numérique. Le modèle évolue vers la prévention primaire pour les populations à risque (obésité, patients cardiorespiratoires), inscrivant l’APA dans une démarche santé continue.
La communication claire aux patients, le recours à des supports pédagogiques et le soutien des proches améliorent l’adhésion. Pour surmonter les difficultés d’accès, des solutions comme les séances à domicile ou les exercices simples accompagnés d’applications mobiles sont privilégiées.
Le volet psychosocial est crucial pour gérer l’anxiété préopératoire et maintenir la motivation, en lien avec des psychologues.
L’exemple de l’URPS MK Pays de la Loire
ONCOPL (Réseau régional de Cancérologie Onco Pays de la Loire) mène depuis quelques années, en collaboration avec l’URPS, une étude de faisabilité sur le parcours de préhabilitation¹ avant une chirurgie carcinologique dans le cadre d’un cancer digestif, urologique ou gynécologique chez les patients de plus de 70 ans. Les résultats sont attendus courant de cette année.
Les objectifs de la préhabilitation sont :
- de diminuer les risques et conséquences des complications post-opératoires ;
- de permettre une récupération plus rapide ;
- d’améliorer votre qualité de vie et le vécu de l’intervention.
Cette étude prévoit l’intervention du kinésithérapeute libéral dans le parcours de préhabilitation du patient à son cabinet ou au domicile du patient.
¹ Il s’agit d’un programme de préparation nutritionnelle, physique et psychologique qui a pour but d’optimiser votre état général avant une intervention chirurgicale programmée.
Ce programme s’adresse spécifiquement aux patients de plus de 70 ans devant subir une chirurgie carcinologique (digestive, urologique, gynécologique) et vise à :
- Diminuer les risques et conséquences des complications post-opératoires ;
- Permettre une récupération plus rapide ;
- Améliorer la qualité de vie et le vécu de l’intervention.
La préhabilitation y est définie comme un programme multidisciplinaire associant préparation physique, nutritionnelle et psychologique, entièrement personnalisée et coordonnée.
Conclusion
La préhabilitation transforme la prise en charge péri-opératoire en une phase active et préparatoire. En optimisant l’état fonctionnel et psychologique du patient, elle améliore les résultats chirurgicaux et la qualité de vie post-opératoire. Les kinésithérapeutes jouent un rôle central dans cette approche intégrative et innovante, en intervenant en cabinet ou au domicile, participant activement au parcours du patient.
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