Soins non programmés
Définition
Les Soins Non-Programmés (SNP) correspondent à des soins réalisés dans le cadre d’une demande par un patient d’une prise en charge urgente, pour une urgence vraie non vitale ou ressentie. Ils nécessitent une organisation spécifique du fait du caractère inopiné de la demande. Cette définition doit intégrer un critère de délai dépendant du tableau clinique, mais également des délais de consultation du cabinet suivant le patient. [1]
Ce sont des soins devant répondre à une urgence ressentie, mais ne relevant pas médicalement de l’urgence et ne nécessitant pas une prise en charge par les services hospitaliers d’accueil des urgences.[2]
Les SNP en kinésithérapie correspondent à des prises en charge qui, si elles ne sont pas pratiquées dans un délai adapté, peuvent entrainer des conséquences irréversibles et/ou préjudiciables pour le patient.[3]
Les SNP visent donc à éviter une perte de chance pour le patient en le prenant en charge précocement.
Aux racines du développement des SNP on retrouve 2 grands temps forts politiques avec le Rapport Mesnier en 2018 puis le pacte de refondation des urgences en 2019.
Le Rapport Mesnier « Assurer le premier accès aux soins » préconisant « de dégager du temps médical utile, en encourageant […] le partage de tâches entre médecins et autres professions de santé (infirmiers, kinésithérapeutes, pharmaciens), […] selon les nécessités du territoire ». Puis le pacte de refondation des urgences[4] a porté la création des Services d’Accès aux Soins (SAS) dans chaque département et dans sa mesure 4 a souhaité « Offrir aux professionnels non-médecins des compétences élargies pour prendre directement en charge les patients ».
Intérêts des SNP
Les SNP Kiné viennent répondre à une urgence sociale et géographique, les kinésithérapeutes sont débordés et les patients peinent parfois à avoir un rendez-vous rapidement.
Pourtant, permettre l’accès aux soins de kinésithérapie précocement permet de réduire le temps de prise en charge, le recours aux examens radiologiques complémentaires et à la médication, ou encore la durée d’arrêt de travail. Les SNP peuvent permettre également d’éviter des passages aux urgences notamment pour des petits traumatismes musculo-squelettiques.
Avec un délai moyen d’attente pour une première consultation d’au moins 15 jours pour 65% des kinésithérapeutes de la région et plus d’un mois pour 28%[5], le retard d’accès aux soins est important et le risque de perte de chance pour les patients tout autant. Les dispositifs de SNP Kiné amenés à se développer sur notre territoire sont une réponse à cette problématique qui peuvent s’appuyer sur l’accès direct[6] et les protocoles de coopération[7] là où ils sont mis en place.
Mise en place concrète
Les SNP Kiné peuvent être mis en place à différentes échelles, du cabinet isolé à un groupement de cabinets sur un territoire et les structures d’exercice coordonné telles que les Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP) et les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) sont de bons appuis pour ces dispositifs. En effet, l’un des enjeux du SNP Kiné va être de pouvoir organiser le parcours du patient et notamment faciliter son adressage. Les structures d’exercice coordonné permettent de recourir aux autres professionnels de santé pour contribuer à l’information des patients et leur orientation vers les kinésithérapeutes participants. La MSP ou la CPTS peut également participer au financement de la coordination et/ou d’un outil informatique de prise de rendez-vous et de suivi des prises en charge.
En Pays de la Loire, les SNP ont été mis en place dans une dizaine de CPTS à l’heure actuelle, avec des fonctionnements différents d’un territoire à un autre mais toujours avec le même souci d’optimiser la prise en charge des patients et donner aux kinésithérapeutes qui le souhaitent une place importante dans l’organisation des soins.
Chaque équipe de professionnels souhaitant mettre en place des SNP va définir les critères d’inclusion dans le dispositif. Les dispositifs de SNP peuvent avoir vocation à prendre en charge tous public, mais il peut aussi être décidé selon les besoins du territoire et la volonté des kinésithérapeutes de restreindre à une population donnée (personnes en situation de handicap, pédiatrie, personnes âgées, etc).
Les SNP n’ayant pas vocation à remplacer les prises en charge habituelles au cabinet, un tri doit être effectué sur les motifs de prise en charge. Les pathologies les plus souvent incluses sont :
- Traumatismes ligamentaires ou musculo-tendineux (entorse, lésion myo-aponévrotique, etc)
- Interventions orthopédiques non programmées (exemple : PTH sur fracture du col du fémur)
- Affections respiratoires en phase aiguë
- Lombalgie aiguë
- AVC récent
- Troubles Musculo-Squelettiques en arrêt de travail
Ces dispositifs ont également besoin d’orienteurs, de professionnels connaissant les critères d’inclusion et pouvant adresser les patients. Chaque équipe va définir cela selon les spécificités du territoire, mais on retrouve le plus souvent ces professionnels :
- Médecins
- Infirmiers
- Pharmaciens
- Kinésithérapeutes eux-mêmes
Il est parfois possible de se rapprocher du centre-hospitalier le plus proche ou des équipes du service PRADO de l’assurance maladie pour qu’eux aussi soient orienteurs.
En fin, ces dispositifs nécessitent un système de régulation. Afin de gérer les prises de rendez-vous et de centraliser le suivi des prises en charge en SNP Kiné, les équipes peuvent s’appuyer sur des outils informatiques et/ou humains pour faciliter leur travail. Il est par exemple le plus souvent fait appel à un agenda en ligne partagé entre les effecteurs et les orienteurs, mais on peut aussi imaginer faire appel à un secrétariat, présentiel ou à distance, pour la prise de rendez-vous.
[1] https://www.cmg.fr/wp-content/uploads/2025/05/Synthese-atelier-Soins-Non-Programmes-20250527.pdf
[2] https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_snp_vf.pdf
[3] URPS Kinés Pays de la Loire – Groupe de Travail SNP, Janvier 2022
[4] https://sante.gouv.fr/archives/archives-presse/archives-dossiers-de-presse/article/pacte-de-refondation-des-urgences
[5] https://www.urps-mk-paysdelaloire.fr/enquete-sur-les-pratiques-decouvrez-le-rapport/
[6] https://www.urps-mk-paysdelaloire.fr/acces-direct-en-kinesitherapie/
[7] https://www.urps-mk-paysdelaloire.fr/les-protocoles-de-cooperation/
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